Réunis en Bretagne vendredi 1er et samedi 2 septembre 2017, les pompiers de l’Ouest sonnent l’alerte.
Trois questions… au Colonel Éric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.
Les moyens accordés aux pompiers sont en baisse. Feux de forêt, secours aux personnes… Comment s’est passé l’été ?
Nous avons répondu à tous les besoins de l’été, mais c’est un miracle. Le système est de plus en plus en tension, parce que quatre pompiers sur cinq sont des volontaires. Les effectifs professionnels commencent à diminuer. C’est le cas aussi du nombre de volontaires. Nous avons atteint un plancher. Aujourd’hui, on compte 194 000 volontaires en France, c’est insuffisant. D’autant qu’on leur en demande toujours plus.
Que faire, avec des budgets qui risquent d’aller en diminuant ?
Je ne suis pas dans la démarche de présenter une liste de mesures à appliquer rapidement. Le nouveau gouvernement veut se donner du temps. Il faut faire la photographie de l’existant pour dégager les solutions adaptées sur les deux ou trois années qui viennent. Et accepter de se rénover sans tabou.
Comme développer la facturation de certaines interventions ? Pour les personnes bloquées dans un ascenseur par exemple…
La facturation existe déjà dans tous les départements pour certains types d’intervention. C’est nécessaire lorsque les sapeurs-pompiers sont en dehors de leur mission, qu’il n’y a pas d’urgence vitale. Suppléer les carences de l’entreprise chargée de l’entretien d’un ascenseur, ce n’est pas une mission de pompiers, donc la facturation doit être là. Mais va-t-on faire payer une personne en difficulté dans la rue parce qu’elle se trouve en état d’ébriété ? S’il s’agit d’un sans-abri, qui va payer ? Celui qui appelle ? Attention à ne pas créer des systèmes lourds qui seraient ingérables. Et à ne pas changer l’esprit de notre modèle social.

Source : ouest-france.fr















